Maître céramiste français du XXᵉ siècle
Émile Decœur naît à Paris en 1876. Très tôt, il se forme à la céramique : à seulement quatorze ans, il entre comme apprenti dans l’atelier d’Edmond Lachenal, l’un des grands noms de l’Art nouveau. Cette immersion précoce dans un milieu d’artisans d’exception marque profondément son sens de la rigueur et son goût pour la perfection technique.
Au début du XXᵉ siècle, Decœur ouvre son propre atelier à Paris. Il y développe une recherche personnelle centrée sur la pureté des formes et la maîtrise absolue des émaux. Ses premières pièces s’inscrivent dans la lignée des influences extrême-orientales et de la tradition française, mais il s’en détache rapidement pour affirmer un style singulier, à la fois sobre, moderne et extrêmement exigeant.
Dans les années 1910-1920, il participe régulièrement aux grands salons parisiens, dont le Salon des Artistes Décorateurs, où son travail est très remarqué. Il s’entoure d’un cercle d’amateurs éclairés, de collectionneurs et d’intellectuels qui voient en lui l’un des artisans les plus visionnaires de sa génération. Sa production, limitée et entièrement tournée vers la pièce unique, se distingue par des formes épurées, des silhouettes architecturées et des émaux profonds : sang-de-bœuf, noirs métallisés, bleus intenses ou bruns flambés. Chaque œuvre témoigne d’un savoir-faire chimique et esthétique poussé à l’extrême.
À partir des années 1930, Decœur confirme son statut de maître céramiste. Il enseigne, influence plusieurs générations d’artistes et défend l’idée que la céramique n’est pas un art mineur, mais un champ de création à part entière. Son atelier devient un lieu de recherche, d’expérimentation et de transmission.
Émile Decœur s’éteint en 1953, laissant derrière lui une œuvre rare et exigeante, aujourd’hui tenue pour l’une des plus importantes de la céramique française du XXᵉ siècle. Ses pièces, d’une grande sobriété formelle et d’une profondeur de matière exceptionnelle, sont très recherchées sur le marché et figurent dans plusieurs musées et grandes collections.
Oeuvre d’Emile Decoeur présentée dans la collection d’INFINIMENT OBJET